« RIMBAUD 360 » Charleville-Mézières
Photographies de Dominique Delcourt

« Méditations » [Photo 1]
Rimbaud étonne très jeune par son intelligence brillante, mais aussi par son caractère fantasque et instable. Après de nombreuses fugues et la rédaction de fulgurants poèmes, il revient de nombreuses fois à Charleville.
Dans cette série de photos, mon intention est, en associant la statue de Rimbaud sise devant le collège éponyme, à un lieu carolo et un titre de poème ou une citation du poète, d’apporter un peu de calme au tumulte lié à sa vie.

« Le poète de sept ans » [Photo 2]
Et la mère, fermant le livre du devoir,
S’en allait satisfaite et très fière, sans savoir,
Dans les yeux et sous le front d’éminences,
L’âme de son enfant livrée aux répugnances.

« Soleil et chair » [Photo 3]
Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie,
Verse l’amour brûlant à la terre ravie,
Et, quand on est couché sur la vallée, on sent
Que la terre est nubile et déborde de sang;

« Tête de faune » [Photo 4]
Dans la feuillée, écrin vert taché d’or,
Dans la feuillée incertaine et fleurie
De fleurs splendide où le baiser dort,
Vif et crevant l’exquise broderie

« Au cabaret vert » [Photo 5]
Depuis huit jours, j’avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins. J’entrais à Charleroi.
-Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines
De beurre et du jambon qui fût à moitié froid.

« Le Dormeur du Val » [Photo 6]
C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent, où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayon.

« Ma bohème » [Photo 7]
Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal;
J’allais sous le ciel, Muse! et j’étais ton féal;
Oh! là! là! que d’amours splendides rêvées!

« A la musique » [Photo 8]
Sur la place taillée en mesquines pelouses,
Square où tout est correct, les arbres et les fleurs,
Tous les bourgeois poussifs qu’étranglent les chaleurs
Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses

Le bateau ivre » [P9]
Comme je descendais des fleuves impassibles,
Je me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.